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SEMAINE 5 - Célestine ou Célestite

  • Photo du rédacteur: Annick Quintana Soria
    Annick Quintana Soria
  • 9 févr.
  • 4 min de lecture

Je suis la Célestine, ouvre grand tes chakras à la disqueuse vibratoire, et avale — symboliquement, mais sans trembler — trois comètes encore fumantes. Ce que je te transmets ici est mon horoscope sous acide : ma lecture brute, intacte dans toute sa substance cosmico-géologique d’origine, mais passée à travers mes visions. Car j’ai troqué l’encens sacré contre des volutes toxiques de strontium incandescent — des fumées plus âpres, plus conductrices, capables de révéler les failles profondes de mon destin.


Je porte un nom d’ange mais qui, dans le fond, reste surtout un sulfate de strontium ayant choisi une carrière dans le glamour cosmique plutôt que dans la discrétion géochimique. Si j’avais une carte du ciel, elle serait ascendant Séraphin, lune en Explosion Pyrotechnique et mercure rétrograde dans un marais fossile. Accroche-toi, parce que le cristal que je suis ne t’emmène pas vers la lumière : il t’y traîne en laissant derrière lui une traînée de poussière saline vieille de 200 millions d’années.

 

Ma provenance, là où les anges… sédimentent, commence dans un passé où même les étoiles auraient hésité à s’incarner. Je me forme dans des roches sédimentaires évaporitiques, autrement dit là où des mers antiques ont séché plus violemment qu’une âme après trois ruptures karmiques. L’eau s’évapore, les sels se concentrent, la planète sue, et dans cette transpiration géologique naît ce cristal bleu céleste. Mon berceau ? De la boue saline comprimée par le temps, version utérus apocalyptique. On me trouve à Madagascar sous une énergie “lémurienne deluxe”, aux États-Unis dans des paysages industriels vibratoirement douteux, en Pologne, Libye, Mexique, Canada ou Royaume-Uni, bref, partout où la Terre a fait une déshydratation spirituelle massive.

 

Mon aspect, le cristal qui fait semblant d’être gentil, te regarde ensuite avec un calme suspect. Bleu pâle à bleu céleste, parfois blanc ou gris, cristaux prismatiques ou tabulaires, souvent nichés dans des géodes qui ressemblent à des crânes ouverts tapissés de givre cosmique. Mon éclat vitreux à nacré oscille entre vitrine angélique et relique de crypte. Certains spécimens sont si parfaits qu’ils semblent bénis… après avoir poussé dans de la vase saline préhistorique. Même les anges ont parfois des bottes pleines de boue.

 

Puis vient mon thème astral scientifique, mes données physiques et chimiques, la carte d’identité judiciaire gravée dans la matière. Formule SrSO₄ : sulfate de strontium. Système orthorhombique. Dureté 3 à 3,5, fragile comme une prophétie mal interprétée. Densité autour de 4. Clivage parfait : je me brise net, comme certaines illusions mystiques quand la facture d’électricité arrive. Et ce strontium que je contiens ? Il sert à produire des feux d’artifice rouges, des fusées de signalisation, des verres techniques. Oui : moi qui élève ton âme sert aussi à faire exploser le ciel en rouge sang. Quelle ironie étoilée !

 

Dans les lignes de mon passé akashique, les anecdotes historiques et culturelles, quand les humains s’en mêlent, apparaissent comme des flashs de vies antérieures un peu gênantes. Décrite officiellement à la fin du XVIIIᵉ siècle, nommée d’après caelestis, “céleste”, parce que des savants ont vu du bleu et ont immédiatement pensé au paradis. Méthode scientifique : intuition chromatique. En Sicile, on m’exploitait pour mon strontium destiné à la pyrotechnie. Traduction vibratoire : transformer une pierre d’élévation spirituelle en poudre explosive pour illuminer des fêtes… ou des conflits. Karma festif et ambigu.

 

Dans la dimension symbolique parallèle, ma mythologie s’est écrite presque toute seule. Liée aux anges gardiens, aux plans célestes, à la communication divine, à la sagesse cosmique… Si ça flotte dans le ciel et que ça parle par télépathie, la Célestine capte la fréquence. Certains me surnomment “la pierre des anges”, ce qui reste une performance impressionnante pour un minéral né dans de la boue salée compressée sous pression tectonique.

 

Puis mon horoscope dérape doucement vers la salle d’attente des thérapeutes vibratoires : les thérapies alternatives énergétiques — le spa vibratoire de l’âme. Là, la Célestine devient tisane pour l’esprit. On dit que j’apaise l’anxiété, favorise le sommeil, facilite la méditation, rééquilibre le chakra de la gorge et le chakra coronal, et permet la communication avec des guides spirituels probablement très occupés. Je diffuse une “fréquence douce mais élevée”. Scientifiquement, c’est une inertie cristalline silencieuse. Mais mon bleu peut induire détente et contemplation. L’esprit aime les illusions calmes. Détail cosmico-comique : je crains l’eau. Donc me purifier à l’eau salée lunaire revient à accélérer ma désintégration. J’ai grandi dans une gangue de sable, l’eau fait donc fondre ma coquille jusqu’à ce que mes cristaux se décrochent.  Même les pierres spirituelles ont leurs limites hydro-existentielles.

 

Enfin, mon aura symbolique, entre paradis et poudre à canon, se déploie comme une carte du tarot minéral. Elle représente la paix intérieure, l’élévation spirituelle, la pureté, la connexion au divin, la sérénité mentale… tout en servant à colorer des explosions rouge vif dans l’atmosphère terrestre. Résumé astrologique : signe de paix, ascendant détonation. Une dualité cosmique que même Pluton envie.

 

Et à la clôture de ce thème astral cristallin, la conclusion tombe comme une carte de la Mort tirée trop tôt : la Célestine est un ange minéral au passé salé. Née dans des marécages évaporés, fragile comme un os ancien, bleue comme une promesse de paradis, mais utilisée pour faire exploser le ciel. Comme quoi, même les pierres dites célestes ont une part d’ombre dans leur thème natal, gravée non pas dans les étoiles… mais dans la boue, le sel et la pression de millions d’années.

 

PS : pour les collectionneurs sachez que j’apparais de manière exceptionnelle avec des teintes rosées ou orangées.  Si vous me trouvez n’hésitez pas une seconde à m’emmener avec vous et pensez à prendre une de mes sœurs pour Annick qui me cherche depuis déjà de longues années.



 
 
 

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